Jeux Divins – Extrait


Prologue

___

Paris, le 28 septembre.

Franchissant la porte vitrée d’un pas décidé, l’un des plus beaux spécimens masculins existant entre dans ce club branché d’une rue proche des Champs-Élysées.

Une femme assise à une table du fond l’observe par le jeu des miroirs. Elle sait déjà que ce mâle sublime est indifférent aux œillades admiratives. Elle voit son regard étincelant, à la couleur parfaite, passer d’un groupe à l’autre alors qu’il traverse la salle bondée avec une nonchalance qui n’a rien d’affectée mais relève d’un naturel frisant la perfection. Les mains dans les poches de son jean, ses muscles jouant sous son tee-shirt sexy et moulant, l’homme se dirige vers les salons privés où il s’immobilise près d’une des alcôves. Il prend le temps d’observer une dernière fois les clients de l’établissement avant de se glisser sur la banquette de velours grenat, à l’abri de la curiosité de ceux qui le surveillent avec envie, désir, passion ou jalousie.

La très belle femme assise là est vêtue d’un tailleur haute couture, coiffée d’un chignon élaboré qui rehausse sa chevelure somptueuse. Elle est la perfection dans toute la splendeur de sa sophistication. Elle ne daigne pas lever les yeux de son livre alors qu’il sait très bien qu’elle l’a suivi du regard depuis son arrivée. Il tend ses longues jambes sous la table et carre ses larges épaules dans le confortable dossier. Il fait craquer les cartilages de ses doigts, tout en laissant échapper un soupir. Comprenant qu’il veut lui parler et que rien ne pourra l’en dissuader, la déesse se décide à poser son roman, à côté de son cocktail multicolore.

— Qu’est-ce qui ne va pas, mon chéri ? demande-t-elle d’une voix à la sensualité divine.

— Rien.

Elle soupire à son tour, d’une façon hautement distinguée et le fixe de ses yeux à la couleur irréelle.

— Tu es contrarié. Te serais-tu disputé avec ta charmante épouse ?

— Même pas. Elle est partie quelques jours pour suivre un stage de yoga.

— Alors pourquoi es-tu aussi grognon, mon bel amour ? On dirait ton père après la signature d’un traité de paix.

— Je viens de faire un tour dans le quartier et ce que j’ai vu me déprime.

— Pourtant, nous avons une arrière-saison exceptionnelle. Il fait merveilleusement beau. Les gens sont heureux. Ces Champs-Élysées ressembleraient presque à leurs illustres prédécesseurs.

— C’est du toc ! Les gens ne sont pas heureux. Ils font semblant, ou ils se leurrent.

— Tu es bien cynique ce soir, mon bel ange.

— Je suis lucide. Rien que dans ce bar, il y a soixante-treize personnes. Hormis les employés et les types qui jouent au poker, toutes les autres ne pensent pas au bonheur, mais à la baise. J’ai compté vingt-sept femmes prêtes à écarter les cuisses pour moi dans les chiottes. Je t’épargnerai le nombre de mecs qui bandent depuis qu’ils m’ont vu et qui vont se taper n’importe quelle paire de miches pour faire passer leur crampe.

— J’ai horreur que tu sois vulgaire, chéri, le tance-t-elle. Je ne t’ai pas élevé de cette façon.

— Tu ne m’as pas élevé du tout, rappelle-t-il, caustique. Mais j’ai raison, et tu le sais.

— Nous sommes dans un bar, pas dans un couvent, mon ange.

— Tu tiens vraiment à ce qu’on parle de certains couvents ?

Magnanime, elle lui sourit. Elle n’allait pas s’engager dans cette polémique. Certains de ses amants les plus remarquablement inventifs avaient été porteurs de l’habit religieux.

— C’est peut-être l’époque qui le veut ?

— Sans blague ! L’humanité ne croit plus en l’amour. Les mecs veulent juste avoir la plus grosse queue et le plus beau palmarès. Les femmes veulent les plus gros nichons pour appâter le type le plus friqué !

— Cupidon, ton vocabulaire !

— Désolé Maman.

Pas une seconde, Vénus ne crut à la sincérité des excuses de son fils.

— Je dois admettre que tu n’as pas tort. La dernière décennie a été empreinte d’un individualisme forcené. C’est l’une des périodes les plus désespérantes que j’ai connue en quatre mille ans.

En ce moment seul Arès, son ex-amant et, accessoirement le géniteur de Cupidon, s’amuse comme un fou. Il travaille avec entrain à attiser les conflits et il prédit de nouvelles guerres, bien sanglantes comme il les aime, soutenu dans ses projets par leur oncle Hadès, qui trépigne d’impatience d’accueillir dans ses enfers encore plus d’âmes. L’amour sincère liant deux êtres est devenu rare. Certaines sociétés se replient même dans l’archaïsme des mariages forcés alors qu’en Occident les humains pratiquent de plus en plus les sentiments jetables dissimulés derrière des notions aussi vagues et fumeuses que « l’épanouissement personnel ».

— Je reste persuadée que l’amour, le vrai, celui qui s’écrit avec un A majuscule est toujours bien là, tapi sous la technologie, les soubresauts religieux et politiques. Tu as le pouvoir d’agir.

— Tu parles ! Je tire une flèche, ils tombent amoureux, mais ils ne font rien pour entretenir ce cadeau, trop occupés par leurs petits plaisirs mesquins. Et ils divorcent… C’est génial ! Ça me donne vraiment envie de continuer à me fatiguer pour eux.

— Je suis sûre que tu exagères.

— Tu paries ?

Vénus, déesse de l’Amour, de la séduction et de la beauté, qui aime aussi qu’on l’appelle par son nom grec Aphrodite, prend le temps d’examiner son fils avant de répondre. Cupidon… ce dieu étonnant, qui peut être le plus intransigeant, le plus fanatique partisan de la monogamie, jouant de ses flèches pour provoquer les passions les plus brûlantes, les plus exclusives, mais qui se nomme aussi Éros

C’est bien pour cette raison que lorsqu’il affiche son corps d’adulte, comme ce soir, chaque être peut projeter sur lui son fantasme le plus profond. Certaines femmes le voient blond aux yeux bleus, rivalisant avec Brad Pitt jeune, d’autres en sosie de Shemar Moore ou de Sung Joon. Il en va de même pour les hommes aimant les hommes…

Autrefois, son fils s’est livré à toutes les variations de la luxure. Il s’est essayé à toutes les pratiques, même les plus sauvages. Peu de créatures peuvent se vanter d’avoir une expérience sexuelle équivalente à celle d’Éros et encore moins prétendre le surpasser. Seulement, après un petit millénaire d’orgies, Éros s’est rangé pour les beaux yeux – et les sublimes fesses – d’une princesse humaine nommée Psyché qui a le don de le voir tel qu’il est réellement. Vénus admet volontiers que la beauté de la jeune femme égale la sienne – enfin presque… –, et que Psyché s’est montrée peu farouche à ce qu’Éros lui a enseigné de l’amour charnel, apprenant à satisfaire tous ses désirs. Sans hésiter, Cupidon lui a d’ailleurs offert la vie éternelle près de lui, et son fils ne le regrette toujours pas. En revanche, ces quelques jours de célibat l’amènent à se poser des questions qui ne le perturbent pas autant d’habitude. Un sourire amusé apparaît sur le visage divin, apte à mettre tous les hommes de ce monde ainsi que bien des dieux à genoux… mais pas son garçon.

— Je suis d’accord pour parier contre toi, mon chéri. Je me sens tout à fait capable de faire naître une histoire d’amour sincère et durable entre deux personnes se trouvant dans ce club.

Cupidon réfléchit un instant, le challenge le tente et le sortirait de sa morosité. Cela pourrait même être drôle et l’occuperait le temps que Psyché rentre à la maison, qu’ils puissent passer une semaine au lit.

— D’accord, mais pas une amourette. Ce devra être l’amour éternel. Tu auras une semaine. Tu acceptes ? Au tarif habituel ?

— C’est parfait. Choisis nos cobayes, je t’en prie.

— Qui je veux ? Un ménage à trois ? Un gay et un hétéro ?…

— Oui, confirma-t-elle, divine de sérénité.

Cupidon se penche discrètement. Il prend le temps de scanner la salle de son magnifique regard magnétique. Les dieux lui ont offert le don de lire dans les cœurs. Un couple improbable, pas quelque chose d’impossible, juste de compliqué, parce qu’au fond, il a envie que sa mère ait raison, qu’il reste encore un espoir dans cette humanité matérialiste et corrompue.

— J’ai trouvé de bons candidats. Parfaite antithèse l’un de l’autre, incompatibles, mais portant en eux la possibilité d’un lien profond, s’ils se laissent une chance. Le beau brun au bout du bar, avec les yeux bleus comme la mer Égée en été, celui qui est en train de lever la blonde à gros seins.

Vénus a, elle aussi, le pouvoir de lire dans les cœurs. Elle peut également entrer dans les âmes. Elle se concentre pour visualiser leur cobaye et sourit du choix de son fils. L’homme est l’un des rares à n’avoir accordé aucune attention à Éros. Il s’intéresse uniquement aux bimbos. Il les oublie sitôt après avoir couché avec elles, car il ne fait pas l’amour ; il baise. Non pas qu’il soit méchant ou qu’il veuille du mal aux femmes. Il est simplement incapable d’offrir sa confiance et d’ouvrir son cœur. Un bel homme et fort bien doté, l’évalue-t-elle avec son expérience millénaire. Dommage qu’elle ne l’ait pas remarqué avant d’accepter ce pari, elle aurait bien profité elle-même de ses charmes ténébreux.

— La fille, le long de la fenêtre au fond, à gauche. Celle qui n’arrête pas de regarder sa montre.

Vénus la visualise à son tour. La jeune femme s’ennuie à mourir et n’a qu’une hâte : rentrer chez elle.

Amusant, note la déesse.

Les copines de cette demoiselle rousse sont toutes en train de fantasmer sur Éros, cherchant le courage de l’aborder, mais pas elle. Elle considère les hommes comme une race nuisible à fuir absolument. Elle n’est pas pour autant attirée par les femmes. C’est une jeune adulte habituée à la solitude et qui n’a aucune confiance dans son physique, ne s’accordant pas beaucoup de valeur et bien peu d’attraits.

Elle n’aurait pas dû se faire de mèches blondes pour affadir son roux. Elle serait plus belle en assumant sa chevelure flamboyante. — Pari tenu, mon chéri

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Chapitre 1

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Althéa

Gare de Lyon, 28 septembre

Je case ma valise dans le porte-bagages du wagon. J’espère que les six heures de trajet vont être calmes. Je manque de sommeil et de patience. Je me laisse tomber sur mon fauteuil avec un soupir de lassitude et de dépit.

Pourquoi suis-je allée à cette soirée ?

Aucune de mes anciennes collègues n’a jamais été mon amie, et surtout pas Nelly ! Pourtant, cette pimbêche vient de m’offrir une croisière pour me remonter le moral.

Enfin, offert…

Elle m’a invitée à l’accompagner. Son père est capitaine sur un nouveau yacht qui termine ses essais en Méditerranée. Il lui a proposé de le rejoindre avant l’inauguration. Je n’aurais pas dû, mais j’ai eu l’impression qu’une force supérieure me poussait à accepter. En clair, j’aurais dû éviter le quatrième mojito, mais je m’emmerdais tellement au milieu de leurs conversations oiseuses.

Je couve une dépression nerveuse.

C’est la seule explication quand je me revois préparer ma valise, à trois heures du matin, courir pour attraper le premier métro. En plus, j’ai été obligée de prendre mon billet à la gare. Il ne restait que des places en première classe. Cet achat va amputer mon budget, ce qui n’est pas une super idée lorsqu’on vient de perdre son job et de s’inscrire à Pôle Emploi.

Le TGV s’ébranle pour Nice. Je n’ai même pas prêté attention aux annonces du contrôleur. Je me cale. Le voyage sera plus confortable que dans la ligne 13, bondée et puante des douces odeurs corporelles d’un début d’automne encore estival. J’allonge mes jambes et je constate que mes baskets atteignent à peine les chevilles de mon voisin. Il doit être grand parce que je suis loin d’être petite. Je ne vois de lui qu’une tignasse brune, au-dessus d’un tee-shirt noir. Il est tourné vers la vitre et dort déjà. J’ai bon espoir qu’il me fiche la paix. Je ne suis pas d’humeur sociable. Je ne le suis plus depuis que j’ai été virée comme une malpropre de mon job.

Ce sont les tiraillements de mon estomac qui m’extirpe de ma somnolence. Je vais petit-déjeuner à la voiture-restaurant. Le café et le croissant me coûtent moins cher que je le redoutais. Je mange tranquillement en regardant le paysage défiler de l’autre côté de la vitre à plus de trois cents kilomètres-heure. À mon retour, mon voisin n’a pas bougé d’un pouce. Je me réinstalle pour dormir un peu. Je m’étonne moi-même en me réveillant trois heures plus tard avec l’impression d’avoir perdu la notion du temps. Mon voisin est toujours dans la même position. J’essaie de voir par-dessus sa tête et je regrette de ne pas avoir la place côté fenêtre, car avec ses larges épaules, il me bouche la vue. Un peu dépitée, je sors mon roman, et je m’absorbe dans ma lecture pour ne pas penser à la suite de mes « vacances » ! Après avoir passé Marseille, mon estomac se manifeste de nouveau. Une salade et un café plus tard, je regagne mon siège.

Enfin, la gare d’Antibes est annoncée. Je range mes affaires. Nous ne sommes pas très nombreux à descendre, la plupart des voyageurs vont jusqu’à Nice. Je récupère mon bagage, ce qui est un exploit à la façon dont il est coincé par les autres. Je viens juste de sortir la poignée télescopique de ma valise à roulettes quand mon voisin surgit sur le quai. En trois enjambées, il me dépasse, coupe la route à tout le monde et fonce, sans un regard pour ceux qu’il a manqué de bousculer.

Sale con !

Pas très charitable, mais j’ai épuisé mes stocks de tolérance et de gentillesse durant ces dernières semaines qui ont été les plus merdiques de mon existence. Une fois hors de la gare, peinte en rose pimpant, je prends le temps de respirer l’air iodé et de savourer le soleil sur mon visage. Je me débarrasse de mon pull et je sors mes lunettes noires.

Un couple qui se promène me renseigne aimablement sur le chemin vers le port de plaisance. Ravie, je découvre qu’il est tout proche et que je peux y aller à pied. Pour la première fois depuis des jours, je sens une pointe d’optimisme percer. Je pars d’un pas presque joyeux, tractant ma valise. Je n’ai pas fait vingt mètres sur le trottoir que je tombe sur mon voisin de train, hirsute, ses lunettes noires perchées dans les cheveux. Il semble paumé. Il se tourne vers moi et me demande sans aucune politesse :

— Where’s the taxi station ?

Je comprends « taxi ». Il parle avec un accent marqué et trop vite pour moi. Du doigt, je lui désigne la borne, en face de nous. Sans un merci, le malotru ébouriffé me plante là.

Connard !

Débarrassée de l’énergumène, je retrouve ma bonne humeur et j’attaque le trajet. Dès la sortie du passage souterrain, j’arrive sur le port Vauban. Il est immense, c’est le plus grand port de plaisance d’Europe. Le « quai des milliardaires » est facile à repérer. C’est là que sont amarrés des yachts gros comme des paquebots. C’est aussi le quai le plus éloigné. J’ai l’impression de mettre des heures à rejoindre ma destination, alors que ma valise cahote sur les pavés. Une fois devant la barrière d’accès, je dois décliner mon identité. L’homme dans le poste de sécurité appelle le bateau. Je me retrouve à poireauter en plein soleil pendant vingt minutes avant qu’un marin du Poséidon arrive dans une voiturette de golf.

— Guillermo, se présente-t-il avec un accent italien. Venez signorina ! On appareille dans moins d’une heure.

Je ne savais pas que ces engins pouvaient rouler si vite. Je me cramponne à mon siège. Guillermo m’adresse un sourire amusé tout en slalomant entre les containers et les limousines qui stationnent sur le quai. Il klaxonne copieusement ceux qui se trouvent sur sa trajectoire. Il fonce comme s’il pilotait un kart. J’essaie de paraître calme malgré une nouvelle embardée pour éviter une Ferrari !

— Comment avez-vous réussi à convaincre le capitaine de vous prendre à bord ? demande-t-il soudain.

— C’est par sa fille.

— La princesse à papa… Elle est arrivée il y a plusieurs heures.

Devant son ton ironique, je me sens obligée de me justifier.

— Nelly avait un billet d’avion. Je suis venue en train.

Je me sens presque obligée de préciser :

— Elle m’a invitée, mais on n’est pas très… amies.

À ces mots, le jeune marin me regarde d’une façon très différente, avec une connivence inattendue.

— La princesse est déjà en train de se faire bronzer à la piscine en nous donnant des ordres. Vous ne ferez pas pareil ?

— Ce n’est pas mon genre.

Il m’adresse un grand sourire charmeur. Le yacht est immense, la voiturette rentre dans la cale par une porte latérale. Nous prenons un monte-charge qui pourrait contenir une limousine, et nous arrivons sur le pont arrière, quinze mètres au-dessus du niveau de l’eau. Guillermo s’éjecte d’un bond, et il attrape ma valise. Il me fait signe de le suivre. Au fur et à mesure de notre progression dans les entrailles du monstre, il m’indique les différents accès qui permettent de se rendre au salon, cinéma, chambres… Du bois précieux, du marbre, des dorures, rien n’a été oublié. Je trouve l’ensemble chargé et pas du meilleur effet. Lorsque nous arrivons dans les quartiers de l’équipage, il en va autrement. Tout est fonctionnel, aux limites du confort. Nous nous engageons dans un couloir étroit. Guillermo s’arrête devant une cabine minuscule avec deux couchettes superposées et un coin douche où l’eau coule directement sur l’espace entre le lavabo et la cuvette des toilettes, comme dans les hôtels bas de gamme. Elle n’a même pas de hublot…

— Votre amie a une suite dans le carré des invités, m’explique-t-il. Vous avez ce palace pour vous seule.

— On peut se tutoyer ?

— , acquiesce-t-il. Tu dois rester ici pendant les manœuvres. Je viendrai te chercher pour le dîner.

Déballer mes affaires ne me prend que quelques minutes, je suis vite désœuvrée. Il n’y a pas de télévision, et la structure du bateau brouille le réseau. Impossible de me servir d’Internet ni même d’envoyer un SMS. Un peu dépitée, moins optimiste, je m’allonge et je m’assoupis sans le vouloir. Guillermo me réveille en frappant à la porte. Étonnée, je découvre qu’il est déjà plus de dix-neuf heures. J’ai fait la marmotte. Décidément, aujourd’hui, j’ai du mal avec la notion du temps.

— Le Capitaine veut que tu dînes avec nous, et pas avec les officiers. Ta belle copine n’a pas l’air pressée de te voir.

Je n’ai aucune chance de rivaliser avec la superbe Nelly. Quand notre entreprise a licencié, le patron a préféré garder la charmante potiche de l’accueil plutôt que la responsable du contrôle de gestion : moi. Mais au final, je préfère rester avec des gens sympathiques comme Guillermo ou les membres de l’équipage, plutôt qu’avec cette fille prétentieuse et superficielle. Après dîner, j’expédie un SMS à mon père, avec le nom du bateau et la date de mon retour, puis je coupe mon portable. Nous naviguons vers la haute mer, je vais bientôt perdre le réseau. Je suis officiellement en vacances !

A suivre…


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