On the Highway

Le roman du club

Amber fuit Miami et un beau-père aux mains baladeuses. Son objectif : Seattle, pour retrouver sa tante et se bâtir une nouvelle vie. Mais un tel voyage est compliqué quand on n’a pas un dollar en poche.

Derek et son monstre de 50 tonnes sillonnent le pays. Il ne prend jamais d’auto-stoppeuse, sauf qu’Amber est trop jolie et qu’elle est en danger, seule au milieu des routiers…


Recevez ce roman en cadeau

Cliquez sur ce lien


Extrait

Chapitre 1

Derek était plutôt content, il avait traversé Denver sans trop de problèmes. Il avait évité le plus gros des embouteillages de fin de journée et réussit à atteindre la ville de Thorton avec un peu d’avance sur le planning.

Avec habileté, il gara son énorme Kenworth W900 sur une place libre de l’immense parking du restoroute, situé le long de la Highway 25. Des dizaines de camions, certains aussi imposants que le sien, y stationnaient. La plupart des routiers étaient arrêtés pour dîner, comme lui, mais quelques-uns ayant terminé leur temps de conduite allaient passer la nuit-là. Derek s’assura que les rideaux masquaient sa couchette étaient bien fermés.

Le jeune homme descendit souplement, sautant au sol, sans utiliser le marchepied chromé. Son atterrissage souleva un nuage de poussière rougeâtre qui lui tira un sourire ironique. Les installations pour les routiers se révèlaient souvent sommaires. Il verrouilla la portière, fit le tour du bahut pour inspecter les pneus et vérifier qu’aucun mec louche ne zonait à proximité.

Derek entra dans le restaurant les mains dans les poches de son jean. L’ambiance et la décoration affichaient le plus pur style Far West avec musique country nasillarde. Avec son pull noir et ses converses, Derek dénotait, mais il s’en moquait. Certains routiers portaient des chemises à carreaux, des doudounes sans manches, des casquettes à logo, le genre bûcheron. Les autres avaient le look cowboy : santiag et Stetson. La majorité affichait de nombreux de kilos en trop, dus à l’abus de soda, de junk food et au manque d’exercices. Il s’accouda au comptoir et adressa un sourire à la serveuse vêtue d’un jean et d’un chemisier en satin rose avec des franges western qui avait l’air épuisée.

— Vous faites des menus à emporter ?

— Bien sûr ! confirma-t-elle.

Elle bomba le torse, et lui lança une œillade incendiaire tout en notant sa commande.

— Tu veux une bière, beau gosse, en attendant que le cuistot te prépare ça ? roucoula-t-elle.

— Il ne vaut mieux pas, je reprends le volant.

Elle s’éloigna en roulant des hanches.

Derek se retint de justesse de prendre des cacahuètes, remarquant que le bol où elles étaient n’avait pas dû croiser un lave-vaisselle depuis le siècle précédent. Pour patienter, il se tourna, s’appuyant négligemment contre le bar, et il laissa son regard parcourir la salle.

Il ne lui fallut pas trois secondes pour repérer les prostituées qui sillonnaient la salle en quête de clients et qui accostaient les chauffeurs. Trouver le maquereau – ou plus exactement la maquerelle – lui prit une bonne minute. Elle ressemblait à toutes les matrones du Midwest, boudinée dans un tee-shirt rose et un jean taille basse. Ordinaire. Sans classe. Sans éducation. Comme toutes ses gagneuses.

Il soupira, se détourna en regardant sa montre pour couper court à la tentative d’approche d’une fille en mini-jupe. Tout ça, c’était l’Amérique des Red Neck, celle qui avait voté Trump et se croyait supérieure au reste du monde. La serveuse lui apporta sa commande. Pendant qu’elle passait sa carte Visa dans le lecteur, elle tenta, baissant la voix :

— Si tu veux, je finis dans dix minutes, je peux te tenir compagnie dans ta cabine… Je ne suis pas comme ces putes. Je te le propose parce que tu me plais bien.

Derek garda un masque impassible pour répondre à cette femme qui trimait dans l’un des endroits les plus déprimants de la terre, mais qui avait malgré tout un certain charme :

— Désolé, je repars. J’ai un délai serré à respecter.

Il attrapa sa commande et se détourna sans s’attarder sur son regard déçu ni l’entendre repousser les avances grossières d’un routier bedonnant.

Cet arrêt lui avait fait perdre un quart d’heure, mais sur un trajet de six jours, entre Charleston et Seattle, c’était un détail. L’énorme Kenworth rugit quand Derek lança son puissant moteur, alors que l’odeur de frites se répandait dans la cabine, faisant gargouiller son estomac. Il vérifia une nouvelle fois sa montre. Il pouvait rouler encore une demi-heure avant son arrêt obligatoire. Ça lui laissait le temps d’atteindre Dacono, comme il l’avait prévu. Il s’agissait d’un bled à l’écart de l’autoroute. Il comptait s’y arrêter pour dormir. Son programme pour la soirée était exactement celui que lui avait proposé la serveuse : bouffer, baiser, pioncer, mais pas forcément dans cet ordre.

Ma mère me tuera si elle m’entend parler comme ça !

Vingt-cinq minutes plus tard, il atteignit sa destination sans encombre, alors que la nuit était tombée sur le Colorado. Il gara le truck à côté du bureau du Shérif. Le danger du sommeil était de se faire attaquer et de voir sa cargaison pillée. Les pirates de la route n’étaient pas une légende, mais une réalité qui imposait aux camionneurs d’être armés et prêts à se défendre.

Derek s’étira. Il vérifia les alentours avant de descendre du bahut, sa lampe torche à la main pour une ultime inspection. Tranquillisé, il remonta dans la cabine, verrouilla les portes et activa les alarmes. Il se glissa entre les rideaux de la capsule. La lumière du plafonnier s’alluma automatiquement, éclairant une vraie chambre. La banquette se transformait en lit, où deux personnes tenaient sans problème. Dans le bureau escamotable, la télévision côtoyait son ordinateur et sa console de jeux. Avec sa climatisation, son frigo et son micro-onde, rien ne manquait pour le confort du chauffeur dans ce studio.

Derek prit le temps d’admirer la vision qui s’offrait à lui.

— Marmotte.


Avis des blogueuses


Pourquoi embarquer à bord du camion de la Compagnie Wayne? Parce que Derek est à tomber. Qu’il se croie détaché et se découvre protecteur. Parce qu’Amber est touchante, fragile et en même temps animée d’une immense détermination. Parce que l’histoire est sacrément bien écrite et qu’on la déguste jusqu’à la dernière page.

Parce que c’est une histoire courte qu’on peut facilement lire à tout moment de détente, … ou en attendant des vacances bien méritées.

https://melimelodegwen.fr/on-the-highway-de-pauline-libersart/?fbclid=IwAR1QzTXwUIGQWHxPouXZSR73QryI3CqVQCf9nTOaBZutCqUC8AqPgXs4_mQ


Une mignonne histoire qui vous fera passer un agréable moment en parcourant un bout de chemin au bord d’un énorme camion qui sillonne les routes des USA.

http://evenusia.canalblog.com/archives/2020/05/09/38271954.html